Angele Dei
L’Ange de Dieu, en latin Angele Dei, est une prière chrétienne de tradition catholique adressée à l'ange gardien[1]. Texte
HistoriqueOrigineL'auteur exact de la prière Angele Dei reste, stricto sensu, inconnu. On affectait parfois, selon la tradition, l'auteur à saint Anselme de Cantorbéry († 1109)[3], mais sans façon critique. Il semble que l'on l'ait ajoutée plus tard dans ses œuvres. Les études récentes préfèrent cependant son contemporain Réginald de Cantorbéry († vers 1109) en tant qu'auteur[4]. Il est exact qu'il fut élu et était en fonction comme talentueux poète de cette abbaye Saint-Augustin de Cantorbéry, titre officiel[5]. Le poème en strophes se présente dans sa Vita Sancti Malchi[6] (Vie de saint Malchus de Maronie). Une édition se compose de six strophes, avec rimes « aaaa eeee i i i i oooo uuuu aaaa (selon toutes les voyelles dans l'ordre alphabétique) », ce qui indique que l'œuvre avait été composée par un poète de qualité. Réginald, moine bénédictin, avait écrit cette pièce en vers léonin et en 4 000 lines. Or, cette poésie complète dédiée à l'ange gardien serait tombée dans l'oubli très vite, à l'exception du début, le texte actuel. Réginald de Cantobéry, Vita Sancti Malchi
- Quatemiones Malchi Ad Angelum Suum (I) Angele, qui meus es custos pietate superna, (II) Angele, fide comes, sapiens, venerande, benigne, (III) Angele, confiteor, quia sæpe fidem violavi (IV) - 300 - Angele, quando meos actus per singula tango (V) Angele, me iugi tua salvet cura rogatu, (VI) Angele, qui nosti quæ sunt in fine futura, N. B. : Selon le texte de Vita Sancti Malchi publié en 1942 (Levi Robert Lind (éd.), The Vita Sancti Malchi of Reginald of Canterbury : a critical edition with Introduction, Apparatus criticus, Notes, and Indices, dans la série Illinois Studies in Language and Literature, tome XXVII, n° 3 - 4, University of Illinois Press)[7]. Le texte est quasiment identique à celui du site Thesaurus Precum Latinarum de Michael Martin, qui ne présente pas la source [29]. Trace au Moyen ÂgeLes deux premières lignes de l’Angele qui meus es custos en prière courte, et non en six strophes, était cité par Brunetto Latini († 1294) dans Livre du Trésor. Celui-ci était déjà devenu formule de prière[8]. De même, Albertano da Brescia († 1270) aussi l'écrivit dans l'un de ses traités[9]. Sans rubrique, il n'est pas possible d'identifier leur usage précis. On imagine, avec la fonction de ces auteurs, que la citation était destinée à l'usage plus universel, pour tous les lecteurs. Toutefois, Albertano était si étroitement lié aux Franciscains qu'il est possible que cette prière fût recommandée à cet ordre par lui[9]. - Réginald de Cantobéry Texte à la RenaissancePlus tard, le texte ancien se trouve dans le Gebetbuch (livre de prières), bibliothèque municipale de Trèves manuscrit Hs. 649/1533, folio 174v, copié vers 1475. Le livre fut en usage du diocèse de Paderborn : La bibliothèque nationale de France conserve un manuscrit qui contient ce texte avec l'enluminure de Jean Bourdichon, Horæ ad usum Romanum, dites Grandes Heures d'Anne de Bretagne (latin 9474, folio 166r, vers 1505) [manuscrit en ligne] : Il est à noter que ce texte est très proche de celui de Paderborn. Le texte se trouve aussi dans le Livre de prières de Rothschild copié vers 1515 et utilisé à Rome [30] (voir 32/55). Le folio 204, avec des images de l'ange en enluminure, présente l'antienne, qui est destinée à l'ange gardien personnel[11] : Publication de prièreÀ la suite de l'invention de l'impression avec l'imprimerie typographique, apparut la publication de l’Angele Dei. En 1521, Josse Bade, en latin Jodocus Badius Ascensius, publia son Angele qui meus es custos de Réginald, en y ajoutant vingt-six strophes supplémentaires, et sans mentionner le nom de l'auteur originel. La prière se composait donc de trente-deux strophes, mais fut perdu l'ordre initial de rimes a - e - i - o - u (voir aussi ci-dessous Paraphrases). En ce qui concerne la formule courte, le texte classique restait encore en usage, tel celui de Cursus Piarum quarundam de Johannes Leisentritt, sorti en 1571 : Une version présentée en Bretagne en 1632Au XVIIe siècle, l’Oraison à son ange fut présentée aux colloques français-breton de Quiquer (colloques en 1632, p. 102, citée par Erwan Le Pipec en 2015[13]). Ces textes en langues vulgaires suggèrent leur usage non liturgique mais surtout personnel :
Textes variés au XVIIe siècleDans ce même XVIIe siècle, la prière Angele Dei était diffusée grâce à la publication. Or, rien n'était fixé ni officiel. Ainsi, dans l’Office du S. Ange Gardien (1645), le texte était assez long. Le livre de prière était intitulé encore, Avec la pratique pour bien considérer ses bénéfices, lui porter dévotion et mériter ses bonnes grâces, ... en faveur des bonnes Âmes de la ville de Mons[14]. Son texte rassemblait à ce qui était noté en Bretagne, au-dessus : Un autre texte à remarquer est le Thesaurus doctrinæ christinæ sorti à Bruxelles en 1668 : Ces textes anciens indiquent que la paraphrase était très souvent pour cette prière. La version prolongée se trouve notamment dans des publications du XVIIe siècle. (Voir aussi la paraphrase en français d'Antoine de Saint Michel, 1613. L'auteur plaçait cette œuvre, particulièrement composée, à la tête de son livre.) Prière pour l'officeOn trouve la version actuelle, mais avec deux mots supplémentaires (pietate superna, hac nocte illumina, custodi), dans La règle du Troisième ordre de saint François, Appllé l'Ordre de la Pénitence, institué par ce grand Patriarche pour toutes personnes séculières vivantes dans leurs propres maisons (1700[17] et 1721[18]), en tant qu’Antienne de l'Ange Gardien. Auprès de cette communauté, l'usage était établi pour leur liturgie. À cette époque-là, à savoir sous le règne de Louis XIV, il était la coutume à la chapelle royale de Versailles de chanter plusieurs pièces pour le lundi de Pâques, dit lundi de l'Ange[19], et le lendemain, mardi de Pâques. Il s'agissait de l'ensemble de l’O filii et filiæ, de l’Angele Dei, des litanies de Lorette, du motet Domine, salvum fac regem et du Gloria Patri[20]. Toutefois, on ne sait pas quelle composition d’Angele Dei était en usage[21]. Prière pour quelques indulgencesL'Église connaît, depuis le 2 octobre 1670, la fête des Saints Anges Gardiens, par la décision du pape Clément X[22]. Puis, la pratique de la prière Angele Dei fut promue par un bref apostolique de Pie VI, révélé le 2 octobre 1795. Le souverain pontife accorda une indulgence de cent jours ou une indulgence plénière aux fidèles qui récitent cette prière toute l'année tandis que l'indulgence sera obtenue ce 2 octobre avec quelques sacrements. Ce pape fit renforcer son indulgence encore, avec un rescrit de la Sainte Congrégation des Indulgences, le 11 juin 1796. Ensuite, le 15 mai 1821, le pape Pie VII renouvela ces indulgences. Encore ce jour-là, ajouta-t-il une autre indulgence plénière[1]. Quelle que soit l'indulgence, l’Angele Dei était leur prière formelle[1]. Il est assez vraisemblable que la diffusion de cette prière ait évolué à la suite de ces décisions des Saints-Pères. La publication du texte dans les livres publiés au XIXe siècle était abondante. Par ailleurs, il est vraisemblable que le texte actuel fut fixé avec ces dossiers pontificaux. Usage actuelAuprès de l'Église catholique, il s'agit toujours de l'une des prières recommandées, en faveur de l'usage quotidien. L’Angele Dei et sa traduction se trouvent dans le Compendium du Catéchisme de l'Église catholique qui fut révélé par le pape Benoît XVI en 2005, à savoir catéchisme élaboré à la suite de la réforme liturgique après le concile Vatican II[2]. La prière est notamment réservée au 2 octobre, en raison de la Mémoire obligatoire en l'honneur de Saints Anges Gardiens[23]. Paraphrases
Dans la littérature
Mise en musiqueRenaissance
Musique baroque
Musique contemporaine
Voir aussiLiens externes
Notes et références
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