Tout d'abord, il devint « escuier d'escuerie » du roi Charles VII, selon les lettres du roi en date du Bourg-de-Déols, du , lui octroyant 200 livres tournois de don[a 2]. Puis, il devint « pannetier du roy » d'après une quittance du [a 3]. Ensuite, il fut nommé conseiller et chambellan le , après l'avoir accompagné en tant que commissaire royal aux États, tenus à Montferrant en [a 4]. Il est à la tête, avec Jean d’Estampes, Jacques Cœur, Tanguy IV du Chastel et Etienne de Cambray des États généraux de la province de Languedoc, qui se rassemblèrent à Montpellier en 1444[3]. En 1457, il est avec Tanguy du Chastel, nommé pour tenir les États de Languedoc rassemblés à Carcassonne[4].
Il avait pareillement des carrières militaires. Charles VII l'avait nommé capitaine d'Aigues-Mortes, d'après des lettres
du don, 300 livres tournois, datées à Blois le [a 6]. Puis, ceux de Talmont-sur-Gironde (le )[a 7] ainsi que de Niort (le )[a 8] lui furent accordés. En 1466 encore, il était « capitaine de la tour de la Charbonniere, pres dudit Aigues Mortes », précisé par un document du [a 9].
Ensuite il devint le gouverneur de la Rochelle le , selon les lettres datées de Mehun-sur-Yèvre[a 10].
En 1450, Jean II de Chambes acquiert les domaines de Montsoreau et de la Coutancière à son beau frère Louis II Chabot alors endetté. Il entreprend de faire construire l'essentiel de l'actuel Château de Montsoreau.
Son talent en tant que diplomate
Il se distingua également par ses talents diplomatiques. Il fait partie de l'ambassade envoyée par Charles VII, avec Jacques Cœur, Charles de Poitiers, l'archevêque de Reims, Saint-Vallier et Tanguy IV du Chastel pour opérer l'annexion de la ville de Gênes au royaume de France[5].
Charles VII l'envoya en 1452 auprès du dauphin Louis, futur Louis XI, afin de résoudre le conflit entre eux, à la suite du mariage de ce dernier sans autorisation[c 1].
« Louis XI insinue… que si on le réduisait au désespoir, il prendrait le parti de partir du royaume. Charles qui craignait que son fils ne se portât à cette extrémité, envoya Jean II de Chambes… »
— Duclos, Histoire de Louis XI
Puis, il fut chargé de négocier la capitulation de Bordeaux pendant la campagne de 1453 en Guyenne. Avec Thibaud de Lucé, évêque de Maillezais, par lettres datées de Montilz-lèz-Tours le , il négocia un traité d'alliance avec les envoyés de Frédéric II de Saxe, comte palatin du Rhin et duc de Bavière, traité qui fut conclu à Tours le [a 11]. Il est envoyé, le dans plusieurs ambassades, à Rome et en Turquie[4]. Encore en 1459, il alla à Venise, pendant le congrès convoqué à Mantoue par le pape Pie II afin de préparer une croisade[6].
La même année, il se rend à Mantoue et rencontre l'ambassade envoyée par Charles VII composée de l'archevêque de Tours, l'évêque de Paris et de Thomas de Courcelles afin de rencontrer le pape Pie II[7].
Jeanne Chabot donna naissance à plusieurs filles et à un fils :
Jean III de Chambes (1445-1515/1518), seigneur de Montsoreau
Colette de Chambes (entre 1445 et 1450 - †[b 2],[8])
Elle épousa Louis d'Amboise, vicomte de Thouars, par contrat du . Le mariage avait été négocié par Jeanne Chabot et autorisé le par son époux[b 2]. Devenue veuve le sans héritier direct masculin[9], Colette se trouva aux prises avec Louis XI, qui avait saisi la succession de Louis d'Amboise en vertu de la donation arrachée à ce dernier le , donation déguisée sous les apparences d'une vente. Finalement, elle chercha un appui auprès du duc de Guyenne, frère du roi, mais devint sa maîtresse en lui donnant deux filles illégitimes[c 2]. Louis XI lui promit une enquête. Cependant, elle mourut peu de temps après[b 2].
« Monseigneur de Montsoreau, puis naguieres, monseigneur de Guienne m'a escript touchant la matiere du douaire que demande Madame de Thouars. Et, pour ce que je desire bien y mectre conclusion si raisonnable qu'elle n'ait cause de se douloir, j'envoye presentement par devers vous maistres Guillaume Compaing et Jehan Peslieu, noz conseilliers, ausquelz j'ay charge veoir les droiz d'un coste et d'autre et appoincter la matiere raisonnablement. Et ou cas qu'ilz ne la pourront appoincter, quant je seray adverty des droiz, je y feray tellement que aurez cause d'estre content. Donne aux Montilz lez Tours, le XVIIIe jour de septembre [1471].
LOYS.
RAGUIER.
A nostre ame et feal conseillier et chambellan le sire de Montsoreau[10]. »
Hélène de Chambes
Par contrat du , Louis XI la maria à Philippe de Commynes[a 12], jeune noble flamand qui s'était enfui du duc Charles le Téméraire, en raison de l'ancienneté de la maison de Chambes, l'une des plus anciennes familles de l'Angoumois. Jean II de Chambes reçut 3 000 écus d'or du roi et donna à son gendre la seigneurie d'Argenton[c 3].
Jeanne Chabot était veuve le , selon un extrait des registres du parlement en date de ce jour[a 13].
« Madame, j'envoye devers vous mon escuier d'escuirye, Jehan de Chasteaudreux, pour m'amener tous les chiens que vous avez euz de la feue royne d'Angleterre. Vous scavez qu'elle m'a fait son heritier, et que ce sera tout le meuble que j'en aure ; aussi c'est cellui que j'ame le mieulx. Je vous prye, n'en retenez point, car vous me feriez terriblement grant deplaisir ; maiz se vous scavez autre qui en ayt, que vous le dictez audit Chasteaudreulx. Et a Dieu, madame. Escript a Mehun sur Loire, le XIIe jour d'aoust [1482].
↑Également, Louis XI dicta une lettre le 29 décembre 1471 : « ... Madame de Thouars est morte, ... » (Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome IV, p. 300
↑Son époux n'avait que trois filles auxquelles sa première épouse Louise-Marie Rieux donna naissance. Voir aussi Louis d'Amboise
↑Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome IV, p. 273-276, Librairie Renouard, Paris 1890.
↑Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome IX, p. 276, Librairie Renouard, Paris 1905.
Références bibliographiques
Bibliothèque nationale, Pièces originales, vol. 655, dossier Chambes 15391 ; publiée par Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome IV, p.273-275, notes, Librairie Renouard, Paris 1890, 376 p.
François-Alexandre Aubert de la Chenay Des Bois, Dictionnaire de la Noblesse, 1772, p.158
Abbé Ledru, Louis XI et Colette de Chambes, Angers 1882 ; cité par Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome IV, p.273-275, notes, Librairie Renouard, Paris 1890, 376 p.