Jean Bouyssonie[1] est le fils de Jean-Baptiste Bouyssonie (pharmacien) et de Gabrielle Mazeyrac de Beaulieu. Il a deux frères ainés Amédée et Paul[2].
Il obtient son baccalauréat en lettres et philosophie en 1894 au lycée de Clermont-Ferrand, puis en 1895 son baccalauréat en lettres-mathématiques. En , il est élève au séminaire de philosophie Saint-Sulpice à Issy. Il y fait la connaissance d'Henri Breuil et ils suivent pendant deux années des cours de géologie, paléontologie, archéologie et préhistoire. Ils ont comme professeurs Jean Guibert, auteur d'un traité intitulé Les Origines, questions d'apologétique sur les rapports de la science et de la religion.
En , Jean Bouyssonie accueille son ami Henri Breuil avec lequel, ainsi que son frère aîné Amédée et l'abbé Louis Bardon, il visite les sites préhistoriques autour de Brive : grottes de la vallée de Planchetorte, site de Chez Pourré et de Puy-de-Lacan. En 1898, il est en classe de théologie et Henri Breuil lui apprend à dessiner les silex[2].
Acquis aux idées de l'abbé Jean Guibert, son professeur de sciences naturelles au séminaire Saint-Sulpice, Jean Bouyssonie et des prêtres comme l'abbé Breuil contractent la « maladie de la pierre »— c'est ainsi qu'ils qualifient leur passion pour la préhistoire. Ils font partie d'une minorité de religieux comme Pierre Teilhard de Chardin qui scandalisent l'opinion en se détachant d'une lecture littérale de la Bible où l'homme est, depuis sa création, un être parfait à l'image de Dieu. Ils sont convaincus que la défense de la foi catholique est compatible avec l'indépendance de la science et la théorie de l'évolution[3],[5].
Pendant 50 ans, Jean Bouyssonie prospecte, fouille, forme des jeunes à l'archéologie et publie les découvertes réalisées avec son frère Amédée et l'abbé Louis Bardon[2]. En 1900, ils étudient les gisements situés aux alentours de Brive-la-Gaillarde[6].
Le , Maurice Thaon apprend par les hôteliers du Soleil d’Or de Montignac la découverte de la grotte de Lascaux. Il prévient Jean Bouyssonie et l'abbé Breuil, alors dans la région. Le 20, Maurice Thaon leur apporte les premiers croquis et le 21, Maurice et Jean accompagnent l’abbé Breuil pour sa première visite à Lascaux. Le , Jean Bouyssonie annonce la découverte dans La Croix. En 1942 et 1947, il est sollicité pour superviser les fouilles, avant les travaux d'aménagement pour l'ouverture au public, mais ce projet n'aboutit pas et Lascaux ne sera fouillée que plus tard par d'autres[8].
[Bourlon, Bouyssonie & Bouyssonie 1912] Maurice Bourlon, Jean Bouyssonie et Amédée Bouyssonie, « Grattoirs carénés, rabots et grattoirs nucléiformes. Essai de classification des grattoirs », Revue Anthropologique, , p. 473-486 (lire en ligne [sur gallica])
[Capitan, Peyrony & Bouyssonie 1913] Louis Capitan, Denis Peyrony et Jean Bouyssonie, « L'art des cavernes. Les dernières découvertes faites en Dordogne », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 57, no 2, , p. 124-131 (lire en ligne [sur persee])
[Bouyssonie & Capitan 1924] Jean Bouyssonie et Louis Capitan, « Un atelier d'art préhistorique - Limeuil : son gisement à gravures sur pierres de l'âge du renne », Publications de l'Institut international d'anthropologie, Paris, éd. Nourry, no 1, , p. 1-103 (ISSN2025-7198)
[Bouyssonie 1927] Jean Bouyssonie, « Autour du Tardenoisien en Limousin », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 24, nos 1-2, , p. 62-67 (lire en ligne [sur persee])
[Bouyssonie 1944] Jean Bouyssonie, « La Grotte Dufour près de Brive (Corrèze) », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 41, nos 10-12, , p. 186-192 (lire en ligne [sur persee])
[Bouyssonie 1944] Jean Bouyssonie, « La préhistoire en Corrèze », Bulletin de la Société scientifique; historique et archéologique de la Corrèze, t. 66, , p. 5-23 (présentation en ligne)
[Bouyssonie 1944] Jean Bouyssonie, « Limousin », Gallia, no 2, , p. 225-229 (lire en ligne [sur persee])
[Bouyssonie 1946] Jean Bouyssonie, « Une belle lame de silex », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 43, nos 9-12, , p. 308-312 (lire en ligne [sur persee])
[Bouyssonie 1946] Jean Bouyssonie, « Choses vues à Puy-de-Lacan, commune de Malemort (Corrèze) », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 43, nos 3-4, , p. 115-120 (lire en ligne [sur persee])
[Cheynier & Bouyssonie 1946] André Cheynier et Jean Bouyssonie, « Bibliographie de la Question des Flèches à tranchant transversal », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 43, nos 7-8, , p. 204-207 (lire en ligne [sur persee])
[Bouyssonie & Delsol 1948] Jean Bouyssonie et Henri Delsol, « Une station néolithique en Hanovre », Bulletin de la Société préhistorique française A, vol. 45, nos 6-8, , p. 266-268 (lire en ligne [sur persee])
[Bouyssonie 1954] Jean Bouyssonie, « L'Aurignacien », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 51, no 8 « Les grandes civilisations préhistoriques de la France. Livre Jubilaire de la Société Préhistorique Française 1904 - 1954 », , p. 49-53 (lire en ligne [sur persee])
[Bouyssonie 1957] Jean Bouyssonie, « Le Saint-Sépulcre de Reygades : Corrèze », Bulletin de la Société Scientifique, Historique et Archéologique de la Corrèze, Brive, , p. 1-34
[Bouyssonie & Pérol 1958] Jean Bouyssonie et J. Pérol, « Instruments perforés du Cantal », Revue de la Haute-Auvergne, t. 36, , p. 58-60 (lire en ligne [sur gallica])
[Bouyssonie, Andrieu & Dubois 1960] Jean Bouyssonie, P. Andrieu et L. Dubois, « Grotte de la Renardière, vallée de Planchetorte, commune de Brive (Corrèze) », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 57, nos 9-10, , p. 621-626 (lire en ligne [sur persee])
[Roussot 1966] Alain Roussot, « Une lettre de l'abbé Breuil [à Jean Bouyssonie, datée 10 septembre 1901] sur la découverte [le 8 septembre 1901] de la grotte des Combarelles aux Eyzies », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 93, , p. 199-202 (lire en ligne [PDF] sur docs.shap.fr)
↑ abcdefg et hJosseline Bournazel-Lorblanchet, L'Abbé Amédée Lemozi : Prêtre et préhistorien (1882-1970), Liège, Université de Liège, coll. « Études et recherches archéologiques de l'université de Liège », , 149 p. (ISBN978-2-930495-11-8, présentation en ligne), p. 117-118.
↑Beauval, C., Bismuth, Th., Bruxelles, L., Mallye, J.-B. et Berthet, A.-L. (2007) - « La Chapelle-aux-Saints : 1905-2004. Un siècle de recherche », in: Un siècle de construction du discours scientifique en Préhistoire, congrès du centenaire de la Société préhistorique française, 26e session du congrès préhistorique de France, Avignon, 21-25 septembre 2004, vol. 2, pp. 197-214.
↑Jean Bouyssonie, « La découverte de La Chapelle-aux-Saints », Bulletin de la société scientifique historique et archéologique de la Corrèze, no 80, , p. 45-82.
↑Alain Roussot (Extrait du Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord - Tome LXXXVIII - Année 1961), « Hommage à l'abbé Breuil », sur albuga.free.fr (consulté le ).
Voir aussi
Bibliographie
Jean-Michel Maldamé, Prêtres et scientifiques, Desclée De Brouwer, 2012 (ISBN9782220080796), p. 103
Alain Roussot (1937-2013) & Abbé Henri Breuil, Amédée et Jean Bouyssonie préhistoriens [Introduction par Denise de Sonneville-Bordes], Périgueux, P. Fanlac, 1966, 48 pp.