Épreuves et essais en philatélieParmi les objets de choix de la philatélie, figurent, à la suite des timbres-types et de leurs variétés, leurs épreuves et leurs essais. Certes, nombre de philatélistes ne s’attachent pas à la collection de ces catégories de pièces, bien qu’elles soient plus rares que les timbres-types. Leurs raisons résident essentiellement dans le coût relativement élevé des épreuves et essais, et dans le champ déjà étendu de la collection des timbres normaux qui limite leur possibilité de l’approfondir. Mais différente est l’attitude de ceux qui se spécialisent dans quelques catégories bien délimitées de timbres postaux ou fiscaux, ou qui souhaitent les exposer. Alors la présence de ces à-côtés des timbres-types est toujours bienvenue. Distinction des épreuves et essaisQuoi qu’il en soit, certaines questions se posent parfois à ceux qui s’intéressent à ces “à-côtés”: Comment faire la différence entre les essais ou les épreuves d'artistes et certaines variétés? Et comment distinguer les essais de couleurs les plus achevés des timbres non émis ?
Les maquettes et les épreuves, éléments de conception du timbreMaquettes de timbresLes maquettes se situent généralement en tête du processus de fabrication du timbre, suivies de près par les tirages d'épreuves. Epreuves d'artistesLes épreuves d'artistes constituent le témoignage des différentes étapes de l'action du graveur en vue d'enfanter le timbre, à partir de sa maquette. Ce sont, en réalité, des épreuves dites "d'état".
Une série de sept à dix épreuves dites "d'artiste" sont issues du poinçon définitif fourni par le graveur et tirés sur la presse à bras de l'imprimerie des timbres-poste de Boulazac-Périgueux. Elles sont destinées tant au graveur (5 ou 7) qu'au dessinateur du timbre (2 exemplaires).
Toutes ces épreuves ont été imprimées sur les papiers carton les plus divers. Elles se rencontrent donc, le plus souvent, au centre de petits feuillets de tailles variables (cf., par exemple les épreuves du type Mouchon dans le Catalogue Dallay 2007 de France).
Il existe par exception certaines épreuves collectives où les timbres ont été imprimés par trois, quatre, cinq ou plus (cf., par exemple les épreuves collectives du type Merson dans le Catalogue Dallay 2007 de France),. Mais certaines épreuves collectives existent aussi avec plusieurs variantes du même timbre, pour permettre des comparaisons et des choix. Il en est ainsi de l'épreuve collective des premiers timbres de Copies, où le mot “Copies” est présenté en différents caractères, et dont les valeurs faciales ne sont pas celles des timbres de copies, mais celles des timbres de Dimension. Les essais, éléments de réalisation du timbreQuant aux essais, dont les planches d'impression sont réalisées à partir des épreuves définitivement adoptées, ils sont normalement imprimés en feuilles, une fois adoptée la forme définitive des futurs timbres. De ce fait, ils sont presque toujours moins rares que les épreuves. Essais des timbres imprimés en feuillesIls se présentent généralement sur du papier non gommé (ou exceptionnellement sur du carton), et sont le plus souvent non dentelés, même lorsqu’ils se rapportent à de futurs timbres dentelés.
Il faut savoir interpréter les essais : du fait de la réalisation systématique des essais de couleur sur la valeur la plus courante, il est arrivé que certains tirages préliminaire de cette valeur aient, en réalité, servi pour tester les couleurs destinées à d'autre timbres, aux valeurs faciales plus élevées Essais des timbres imprimés au coup par coupUn dernier problème reste posé : Du fait que les épreuves sont tirées au coup par coup, alors que les essais le sont par feuilles, comment les distinguer des timbres définitifs, lorsque ces derniers ont normalement été imprimés au coup par coup ? Il s’agît là des cas très rares de timbres imprimés soit au cachet à main ou les timbres-poste de grève français de 1971, soit à la presse à percussion, comme les timbres fiscaux d’effets de commerce de 1860. En de tels cas, faute de documentation accessible, on a pris le parti de recourir à un système de présomptions. On peut considérer :
Épreuves et essais non retenusParmi les épreuves ou essais, ceux correspondant à des types ou textes non retenus, sont particulièrement recherchés, en raison notamment de leur intérêt pour l’histoire de l'émission, ou parfois même de l'histoire générale. Mais, il va de soi que ces épreuves et essais « non retenus », imprimés au compte-gouttes, doivent absolument être distingués des timbres "non émis" imprimés en quantité, mais retirés au dernier moment et généralement détruits. (cf Timbre non émis) Différences entre essais, variétés et non émisQualification de « variété »Les variétés des timbres sont de divers ordres: anomalies de la gravure, différences de couleur, éléments du timbre manquants, répétés, ou inversés (médaillon, valeur, surcharge, etc.) (cf. Variété (philatélie)). Toutefois les essais peuvent présenter des différences de même nature avec le timbre-type. Alors, comment les reconnaître ? Là encore, comme nous ne disposons pas des confidences des concessionnaires privés chargés de l’impression des timbres à certaines époques, ni celles des agents de l’Atelier Général chargés de les contrôler ou de réaliser eux-mêmes cette impression, nous sommes obligés de nous baser sur un système de présomptions : en cas d’existence d’une seule anomalie majeure sur une figurine (absence ou inversion de la valeur ou du médaillon, absence de dentelure, etc.), on considèrera que l’on se trouve en présence d’une variété. Ainsi un timbre non dentelé, et sans autre différence avec le timbre-type, doit être présumé un timbre, et non un essai, .... sauf preuve du contraire. Il s’agît alors ici d’un simple constat de ce qui saute aux yeux, alors que vouloir y voir un essai serait une interprétation. Qualification d'« essai »Par contre, en cas de présence simultanée de 2 anomalies majeures (ou davantage) sur une même figurine, nous présumons qu’il s’agît d’un essai (ou d’une épreuve découpée). Ainsi, une figurine moderne dépourvue simultanément de sa valeur et de sa dentelure devra, en principe, être considérée comme un essai. Mais, attention, il s’agît dans ces deux cas de présomptions et non de certitudes. Qualification de « non émis »D’autre part, il peut aussi arriver que l’on se trouve en présence d’une figurine dentelée, tout à fait achevée, avec pour seule différence une légende non conforme, ou une couleur autre que celle adoptée pour le timbre. Une telle figurine pourrait donc être un essai ou un timbre non émis (cf. Timbre non émis). Les timbres non émis sont des timbres imprimés en quantité, mais que l'on a renoncé à émettre pour différentes raisons. De tels timbres étant généralement plus recherchés que les épreuves ou les essais de timbres adoptés, on a souvent essayé de faire passer des épreuves ou essais pour des non émis. Dans ces cas, le choix de la qualification n'est pas facile au seul vu du timbre. Il faut se reporter au catalogue, ou, si le timbre n'était pas encore connu sous cette forme, se pencher, dans la mesure du possible, sur les dessous de son émission. Bibliographie(Ouvrages incluant divers essais de France et des colonies) Epreuves et essais postaux
Epreuves et essais fiscaux
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