Elle étudie la philosophie et se forme au métier de comédienne au Studio d'Asnières[2],[3], où elle rencontre nombre de ses collaborateurs[4], de 2007 à 2010[5]. Elle continue sa formation à la mise en scène en assistant Thomas Ostermeier en 2014, puis Romeo Castellucci en 2015 et 2016[6],[7].
En 2013, elle joue dans le court-métrage de Margot Abascal, Florides[9].
Elle devient membre de l’Ensemble artistique de la comédie de Valence du Centre dramatique National Drôme Ardèche et fonde la compagnie théâtrale La Brèche en 2015. De 2015 à 2019, elle est dans un cycle d'écriture dédié à l'adaptation de fictions du répertoire dramatique abordant la définition de soi. En 2020, elle aborde un second cycle avec la co-écriture de fictions théâtrales qui s'appuient sur des témoignages et la notion de réparation[10].
Ainsi, en 2015, elle met en scène une adaptation libre de Démons de Lars Norén[11]. Il s'agit de sa seconde mise en scène, durant laquelle le public est pris à partie[12],[13].
Un an plus tard, elle adapte également Une maison de poupée d'Henrik Ibsen dont elle inverse les rôles des deux personnages principaux afin d'interroger la place de la femme dans la société[7],[14].
En 2019, avec sa compagnie la Brèche, elle s'inspire librement de Platonov de Tchekhov. La pièce, L'absence de père, adaptée avec Guillaume Poix, conçue et mise en scène par Lorraine de Sagazan, interroge sur la place du père[15],[16],[17].
En 2020, elle met en scène un texte de Guillaume Poix, La vie invisible[18]. Il s'agit du témoignage sur la vie d’un non-voyant, réalisé à partir de rencontres avec des malvoyants et des non-voyants de la région valentinoise. En plus de Romain Cottard et Chloé Oliveres, tous deux comédiens professionnels, un comédien amateur non-voyant, Thierry Sabatier, tient le premier rôle[19].
En 2021, elle met en scène Un sacre de Guillaume Poix, projet né pendant le confinement, après avoir interrogé plusieurs centaines de personnes autour de ce que leur évoquait le terme de « réparation » et que les réponses ont finalement tourné autour de la mort et de ses conséquences pour les vivants. Le spectacle est conçu autour de récits-confessions d’anonymes et étudie le rapport que notre société entretient avec la mort[20],[21].
Pour la saison 2023-2024, elle figure au programme de la Comédie-Française[24]. Elle met en scène Le silence, d'après l’œuvre d’Antonioni[25]. La pièce raconte la douleur d'un couple qui vient de perdre son enfant. Les spectateurs font face à cinq comédiens qui se taisent pendant toute la durée du spectacle[26],[27]. « Sidérés par ce qu’ils venaient de vivre, beaucoup ont pris de longues minutes avant de se lever et de quitter les lieux. Cet accueil saisissant était à la mesure d’une représentation qui, parce qu’elle se tient dans un mutisme presque total, fait rupture dans l’histoire de la Comédie-Française » explique la journaliste du Monde, Joëlle Gayot[28].
En 2024, elle met également en scène Léviathan, une pièce qui interroge le système judiciaire et ses alternatives[29],[30]. Afin de le créer, elle procède à une immersion de plusieurs mois dans le monde de la justice[31]. Le spectacle est présenté au Festival d'Avignon 2024[32]. Il s'agit de sa première participation au festival[33]. Parallèlement, elle collabore avec la scénographe Anouk Maugein pour créer l’exposition Monte di Pietà à la Collection Lambert à Avignon qui présente des objets associés à la douleur de personnes ayant vécu une procédure judiciaire[34],[31].
↑Mélanie Jouen, « Exprimer l'âme », sur Artcena, (consulté le )
↑Théâtre Gérard Philippe, « Lorraine de Sagazan », sur tgp.theatregerardphilipe.com, (consulté le )
↑ a et bFabienne Darge, « Au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis, Lorraine de Sagazan célèbre le « sacre » de la mort et de la vie », Le Monde, (lire en ligne)