Histoire de la commune d'EvereCommune d'Evere
(nl) Gemeente Evere 1795 – en cours
Localisation d'Evere dans la Région de Bruxelles-Capitale
Entités précédentes : L'histoire de la commune d'Evere relate les faits importants qui se sont déroulés sur le territoire de cette commune qui fait partie, depuis 1954, des dix-neuf communes de la Région de Bruxelles-Capitale en Belgique. Jusqu'au sortir de la Première Guerre mondiale, Evere est une commune à vocation essentiellement agricole. La culture céréalière, celle de la carotte et celle du navet y sont dominantes jusqu'à l'introduction de la pomme de terre dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Dans le dernier quart du XIXe siècle, à la suite de l'importation massive, en Europe, de blé des États-Unis et de l'Empire russe, les agriculteurs everois se reconvertissent dans l'horticulture maraichère et surtout dans la production du witloof (« feuille blanche » en néerlandais). À partir de 1919, une certaine industrialisation basée sur la construction aéronautique s'installe grâce à la présence du premier aérodrome national construit essentiellement sur l'ancienne commune de Haren (qui sera annexée dès 1921 par la commune (Ville) de Bruxelles ; voir SNETA, SABCA, SABENA, etc.) mais dont une partie des extensions militaires furent construites sur Evere ainsi que l'usine Renard. Après la Seconde Guerre mondiale, l'explosion de la démographie et la raréfaction des habitations ou des terrains à bâtir libres dans la région bruxelloise accélère la disparition des terres agricoles au profit de l'urbanisation. Celle-ci s'accroit encore, à partir de 1968, avec l'arrivée sur Haren (commune de Bruxelles-Ville depuis 1921) de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord sur le site désaffecté de l'ancien aérodrome d'Haren-Evere. Cette implantation entraine aussi la venue de nombres d'entreprises du secteur tertiaire pour qui est créé le Da Vinci Research Park sur Haren et Evere. Chronologie temporelleProtohistoire et AntiquitéAucune découverte majeure ne permet de conclure à une occupation sédentaire d'Homo neanderthalensis ou d'Homo sapiens sur le territoire de la commune même pas pendant le Premier âge du fer. Environ 300 ans avant Jésus-Christ, les Nerviens occupent la région mais ne laissent pas non plus de trace d'occupation. La première trace de passage régulier est la via publica entre Cortoriacum et Atuatuca Tungrorum qui traversait la Senne aux alentours de Haimbecha avant de parcourir l'actuel territoire communal. Des céramiques, des vases et des ossements humains ont été découverts le long de cette route[Tribot 1]. L'origine du nom d'Evere proviendrait de l’existence de ce point de passage de la Senne par la chaussée romaine. Moyen ÂgePeu d'informations nous sont parvenues sur cette époque. Le régime féodal et la création des seigneuries[1], provoqué par la faiblesse du pouvoir central, ne commence qu'après la dissolution de l'empire carolingien et la disparition de la notion romaine de proprietas. Avant de devenir une seigneurie, sans doute vers le XIIIe siècle, Evere était un latifundium du pagus de Brabant possédé, depuis le Bas-Empire romain, par de grands personnages. Madelgarius de Famars de Hainaut (ca 607-677) et son fils Landry de Soignies (ca 637 - ca 700) sont les plus anciennes personnes historiques connues d'Evere. Madelgarius y possède des terres qu'il cède, vers 670, à l'abbaye qu'il vient de créer à Soignies[Cnops 1]. Vers 675, son fils Landry, devenu chorévêque[2], revient sur les domaines appartenant à son père pour y prêcher l'Évangile. Il est vraisemblable qu'il crée la première paroisse d'Evere et qu'il la consacre à son père devenu Vincent[3]. Après le départ définitif de Landry, à la suite du décès de son père en 677[note 1], pour l'abbaye de Soignies, le travail d'évangélisation est repris, entre 720 et 724 par évêque missionnaire Pirmin[Cnops 2]. La mort de Louis le Pieux en 840 a pour conséquence de faire passer la souveraineté sur les quatre comtés du pagus de Brabant de main en main :
Entre-temps, au début du Xe siècle, l'abbaye de Soignies est transformée en chapitre de Soignies et, à partir de la fin de ce même Xe siècle, ce chapitre tente de récupérer ses possessions. C'est au XIIe siècle que la propriété d'Evere est disputée avec le châtelain de Bruxelles Godefroid van der Aa[Cnops 4] et à cette occasion qu'un acte de donation, daté de 1120 et passé à Bruxelles, où l'évêque de Cambrai faisant don des autels[note 2] de Scarenbecca et d'Everna au chapitre de Soignies qu'apparait, pour la première fois, le nom d'Everna[Cnops 5].
C'est entre le XIIe et le XIIIe siècle qu'est édifiée la première église Saint-Vincent en style roman supérieur mais dont il ne subsiste que la tour. L'archéologue et historien Raymond Lemaire date la construction de cette tour entre 1125 et 1250[Cnops 6] ce qui en fait le plus vieil édifice de la commune. Il faut attendre 1527 pour que nous parvienne le plus ancien texte, écrit par Jan Ymbrechts — sacristain d'Evere — concernant l'adjudication d'un nouveau chœur à cette église[Cnops 7]. En 1298, le nom de « Henri, châtelain de Bautersem, seigneur des villages de Perck[note 3] et d'Elewyt » apparait dans une charte qui autorise ses sujets d'Evere « à moudre leur grain à leur guise tant qu'aucun moulin ne sera construit sur le territoire de la seigneurie »[Wauters 2]. Ce baron de Bautersem est le premier de la série exhaustive des seigneurs d'Evere qui vont se succéder jusqu'à l'annexion des Pays-Bas autrichiens par la Première République française en 1795. Temps modernesLes Pays-Bas des HabsbourgPendant la guerre civile aux Pays-Bas bourguignons, le village d'Evere est dévasté, en 1488 et 1489, à l’exception de dix-sept maisons[4],[Tribot 2]. Les Pays-Bas espagnolsLe est organisée, au lieu-dit Terneyveld (« champ du tournoi » en brabançon), une fête en l'honneur du futur Philippe II d'Espagne lors son arrivée à Bruxelles. Cette fête est constituée d'un jeu de rôle grandeur nature reconstituant une bataille suivi d'une joute équestre[Wauters 3],[Evere 1] d'où l'origine probable du nom de Terneyveld de l'endroit[note 4]. C'est de 1575 que date le plus ancien document concernant l'enseignement dans la seigneurie d'Evere où il est question d'un certain Paulus Van Mullem qui est maître d'école sans être sacristain, ce qui est assez rare à l'époque[Cnops 8]. Entre 1578 et 1585, l'église Saint-Vincent est ravagée à plusieurs reprises par les iconoclastes calvinistes[Cnops 9]. Il faut attendre 1705 pour qu'elle soit réellement remise en état et, par la même occasion, agrandie par l'architecte Edige Vanden Eynde. D'une église à un seul vaisseau et avec aucune fenêtre identique, il en fait un lieu de culte constitué d'une nef à trois vaisseaux éclairée par huit fenêtres identiques de style italien et perce la tour d'une baie munie aussi d'une fenêtre de même style[Cnops 10]. 1594, tenue du premier registre de l'état civil du village d'Evere[Wauters 1]. Le , le comte de Baucignies aussi seigneur d'Evere, Eugène Maximilien de Hornes, est élevé au titre de prince par Charles II d'Espagne. Dès lors, Evere fait partie, jusqu'en 1772, de la principauté de Hornes[note 5] et non plus du duché de Brabant. Marie-Élisabeth d'Autriche possède une faisanderie au Terneyveld[note 6] où elle fait construire deux pavillons de chasse[Wauters 4]. C'est aussi elle qui fait rectifier, à partir de 1709, la route entre la porte de Louvain de Bruxelles et la Brusselsepoort[note 7] de Louvain pour lui donner son tracé rectiligne actuel. Les Pays-Bas autrichiensLa production des agriculteurs everois est bien connue. La culture céréalière, celle de la carotte et celle du navet, qui est renommé dans toute l'Europe[Cnops 11], y sont dominantes jusqu'à l'introduction de la pomme de terre dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. L'extrait de la carte de Ferraris, ci-contre à droite, illustre très bien l'ampleur prise par les terres agricoles. Pendant la guerre de Succession d'Autriche, le monticule du Geuzenberg (« Mont des geux » en néerlandais)[note 8] sert de lieu d'inhumation aux soldats protestants de l'électorat de Hanovre tombés dans la région et qui ne peuvent donc être enterrés dans la terre consacrée d'un cimetière catholique[Tribot 3]. En 1742, le curé de l'église Saint-Vincent, n'appréciant pas que les enfants jouent entre les tombes du cimetière pendant les récréations, fait démolir l'école primaire située contre la tour et les cours sont dorénavant donnés au domicile du sacristain[Cnops 12]. La princesse Marie-Thérèse de Salm-Kirbourg, dernière héritière des princes de Hornes, cède, en 1772, la seigneurie d'Evere à Adrien Walckiers[note 9] en échange de la seigneurie Ten Hove à Overyssche. Celui-ci sera le dernier seigneur d'Evere. Époque contemporaineÉpoques française et hollandaiseLors de l'annexion, le , des Pays-Bas autrichiens par la Première République française, toutes les seigneuries sont dissoutes et le territoire est divisé en départements eux-mêmes divisés en cantons puis en municipalités. Evere, qui compte moins de 5 000 habitants est intégrée, avec dix autres entités, à la municipalité du canton de Woluwe-Saint-Étienne qui avec d'autres cantons fait partie du département de la Dyle. Elle est gérée par un agent municipal, secondé par un seul adjoint. Cet agent fait office de chef de la police, d'officier de l'état civil et d'exécuteur local des résolutions prises par le pouvoir municipal[Cnops 13]. Les 21 et , entre 250 et 300 volontaires belges sous les ordres d'Ernest Grégoire et de Charles Rogier attaquent une partie de la garnison hollandaise de Louvain, commandée par le général Albert Trip van Zoudtlandt (nl) et forte d'environ 1 000 fantassins et cavaliers, alors qu'elle est stationnée à Haren, entre Evere et Diegem[5]. 1830 à 1900En , comme dans beaucoup d'autres communes du jeune royaume, un militaire est nommé bourgmestre le temps d'effectuer la transition politique. Pour Evere, il s'agit de François Léopold Winssinger. C'est le qu'est nommé le premier instituteur communal en la personne de Jean-Baptiste De Koster qui deviendra, plus tard bourgmestre d'Evere et c'est en 1837 que voit le jour la première école communale située dans un bâtiment qui lui est entièrement destiné[Cnops 12]. 1841 voit la construction, par Karel Van Assche, du moulin d'Evere. Le moulin est démuni de ses ailes en 1887 par suite de l'utilisation exclusive de la vapeur pour son fonctionnement. Entre 1845 et 1846, l'église Saint-Vincent est agrandie par l’extension de ses collatéraux et les murs sont percés de cinq fenêtres en plein cintre[Cnops 15]. Elle est de nouveau rénovée en 1886 par l'architecte Louis Spaak. En 1852, le domaine De Steene Vleug (« Le colombier de pierre » en néerlandais), bâti en 1691 par Augustin-Joseph Strens, membre du Conseil de Brabant, devient un institut psychiatrique qui fonctionnera jusqu'en 1921 avant de devenir un bâtiment industriel. Le , quatre religieuses de la congrégation des filles de Saint-Joseph et le curé de la paroisse Saint-Vincent achètent une propriété, appelée Vroonhof (« Maison du seigneur » en néerlandais), Vieille route de Cologne qu'ils transforment en couvent, en école et pensionnat pour jeunes filles et en maison de retraite pour dames aisées[Cnops 16]. L'ouverture de cette école pour filles oblige la commune à engager une institutrice qui, désormais, a la charge de l'enseignement des filles. En 1869, la commune inaugure la nouvelle école primaire[7]. Celle-ci comprend désormais deux salles de classe pour garçons séparées par l'habitation de l'instituteur de deux salles de classe pour filles[Cnops 17]. Chaque sexe a aussi sa propre cour de récréation. Les années 1874 à 1877 voient la construction du cimetière de Bruxelles et de l'avenue du Cimetière de Bruxelles qui seront officiellement inaugurés le . Une population d'ouvriers et d'artisans œuvrant dans les briqueteries et chez les tailleurs de pierre s'installe aux alentours des chantiers[note 10]. En 1880, Les autorités communales acquièrent, sur l'entité communale, un terrain de 35 ares pour y établir un nouveau cimetière en remplacement de celui entourant l'église Saint-Vincent qui est démoli en 1893[8]. Ce « nouveau » cimetière sera fermé aux nouvelles sépultures en 1992 après l'ouverture de l'actuel cimetière. 1888 voit la création, par des sœurs de l'ordre de Notre-Dame de Charité, d'un couvent et d'un orphelinat pour jeunes filles du nom de « Orphelinat du Bon Pasteur ». Détruit en par un bombardement de l'aviation américaine, il a fait place, après avoir été une décharge publique, à l'actuel parc du Bon Pasteur[Tribot 4]. Le dernier quart de ce XIXe siècle, à la suite de l'importation massive, en Europe, de blé des États-Unis et de l'Empire russe, voit les agriculteurs everois se reconvertir dans l'horticulture maraichère et surtout dans la production du witloof (« feuille blanche » en néerlandais)[Cnops 18]. Le est fondé à Evere, par 63 maraîchers d'Evere, de Woluwe-Saint-Étienne et de Kraainem, le « Syndicat des maraîchers brabançons » qui est la première association professionnelle d'agriculteurs en Belgique[Cnops 19]. XXe et XXIe siècles1901 à 1914Le , Marie Dymphine Smeets, pensionnaire de la maison de retraite Saint-joseph, devient la première personne centenaire recensée de la commune. Elle décède en 1906. Le voit la mise en service de la première ligne de tram desservant la commune. Il s'agit de la ligne no 56 qui relie la place de Bavière à Anderlecht en traction électrique[Tribot 5]. Le est inaugurée l'église Saint-Joseph. 1910 voit l'aménagement de l'actuelle ligne de chemin de fer no 26 qui coupe littéralement la commune en deux[note 11]. Première Guerre mondialeAprès d'autres communes de la périphérie bruxelloises (Etterbeek et Berchem-Sainte-Agathe (en fait entre Zellik et Relegem)), Evere voit apparaitre début 1915, une base allemande d'aéronefs à l'entrée de la commune voisine de Haren[9] mais débordant sur Evere. Rapidement, l’état-major de la Deutsches Heer décide d’installer sur la plaine de Haren-Evere un hangar à Zeppelin[DB 1], pour faciliter les bombardements sur Londres et Paris. Une entreprise de Berlin édifie un gigantesque hangar d’une dimension de 180 mètres de long, 22 de haut et 34 de large. Les premiers bombardements sont lancés, dès le , sur la capitale britannique mais des avions du Royal Flying Corps réussissent à incendier et à détruire partiellement le hangar le suivant[9]. Les aéronefs furent alors remplacés par des avions. À cette époque, ces plaines ne sont qu'une vaste étendue herbeuse avec très peu voire sans infrastructure, permettant aux pionniers de décoller et d'atterrir. Entre-deux-guerresDès la fin de la guerre, les anciennes infrastructures aéronautiques allemandes intéressèrent l'armée et l'État belge. Ainsi débuta sur Haren et Evere, toute une histoire aéronautique civile et militaire : ainsi sur Haren se créa le/la SNETA, la SABCA, la SABENA, aux limites de Haren et d'Evere l'Aviation Militaire Belge, et sur Evere l'Usine Renard. En 1922, débute la construction de la cité-jardin du Tuinbouw (« jardin cultivé » en néerlandais) selon les plans de l'architecte Jean-Jules Eggericx. En 1926, l'Union chimique belge installe son département « Photobel » sur l'actuelle avenue Cicéron. En 1955, le site est racheté par la « Manufacture Belge de Lampes Électriques » (MBLE)[10] qui est elle-même rachetée par Philips puis par la société américaine Vishay Intertechnology (en), l'ancien site industriel de MBLE ferme définitivement le en clôturant le passé industriel d'Evere. Le seul bâtiment restant du site, celui de « Photobel » est, depuis , en attente d'une réaffectation après avoir été un temple de l'Association of Vineyard Churches. Un arrêté royal du reconnait à Evere le droit d'utiliser les armoiries du dernier seigneur d'Evere sur le blason communal[Evere 2]. La plaine de Haren-Evere conserve sa vocation aéronautique et attire l'industrie d'assemblage puis de conception d'avions. C'est au sud de cette plaine que la commune de Schaerbeek achète, en 1929, un terrain de 25 hectares en vue d'y établir son nouveau cimetière[note 12]. Le la troisième église paroissiale, l'église Notre-Dame Immaculée, est consacrée. En 1934, est inauguré le Solarium d'Evere qui restera actif jusqu'en 1978. En 1935, débute la construction du boulevard Léopold III afin de relier la capitale à l'aérodrome de Haren-Evere. Entre 1938 et 1939, l'actuelle maison communale est construite par l'architecte Robert Rousseau sur le Geuzenberg à l'endroit appelé Dievenhoek (« Endroit des voleurs » en néerlandais)[Cnops 20]. Elle est inaugurée le tandis que l'ancienne maison communale rendra encore des services publics variés jusqu'en 1957[Cnops 21]. Aviation militaireEntre 1919 et 1921, l'aviation militaire belge fait de Haren-Evere la base du groupe de reconnaissance aérienne. En , l'Aéronautique militaire (la nouvelle appellation de l'aviation militaire) en fait la base des quatre escadrons d'appui au sol équipés, chacun, de douze appareils. Les avions utilisés à Haren-Evere étaient soit des Bristol F.2 B soit des Airco DH.4[DB 2]. Elle fait aussi de la base le centre de maintenance et de réparation de tous ses avions. En 1923, les restes du hangar à zeppelins sont définitivement rasés. Aviation civileLe , sous impulsion du capitaine-commandant Georges Nélis[11] et avec le soutien du roi Albert 1er, est créée la Société Nationale pour l’Étude des Transports Aériens (SETNA) qui s'installe sur l'aérodrome de Haren-Evere[9] et qui effectue son premier vol commercial, Bruxelles-Londres, le . À partir du , suivent des lignes régulières vers Amsterdam et Paris[DB 4]. En 1928, Alfred Renard[13] quitte Schaerbeek et la « Société anonyme des avions et moteurs Renard » pour créer, avec son frère Georges, la société « Renard Constructions Aéronautiques » à Evere sur l'avenue Jules Bordet en bordure de l'aérodrome de Haren-Evere. Seconde Guerre mondialeLe , comme les autres aérodromes belges, celui d'Haren-Evere est attaqué par la Luftwaffe. La SABENA, qui avait déjà pris la précaution de transférer son terminal vers le Congo belge à Marseille, parvient à faire décoller tous ses avions vers l'Angleterre[DB 6]. Pendant cette Seconde Guerre mondiale, la base aérienne de Haren-Evere est, dès le , de nouveau occupée par la Luftwaffe qui fait étendre ses installations par l'Organisation Todt jusqu'à Woluwe-Saint-Étienne et construit trois nouvelles pistes en triangle, dont une en dur longue de 820 mètres, à Melsbroek qu'elle relie à Haren par un taxiway de près de quatre kilomètres[Guyaux 1]. Le , les installations et les travaux sont visités par Adolf Hitler[14]. La présence de cet aérodrome mais aussi de la gare de triage de Schaerbeek vaut à Evere d'être bombardée trois fois par l'aviation américaine. Bombardement de l'aérodromeCet évènement est étudié en profondeur par Albert Guyaux dans son livre Le bombardement d'Ixelles et d'Evere le [Guyaux 2]. Le : la 1re division de bombardement (en) composée de 8 groupes de forteresses volantes B-17 totalisant 114 appareils et accompagnés de 137 chasseurs P-47 décollent à 7 h 55 de huit bases aériennes différentes des comtés de Northamptonshire et de Bedfordshire en Angleterre avec pour objectif les installations d'Evere et de Melsbroek qui sont atteintes et bombardées de 8 h 51 à 8 h 55 (heure GMT+1)[note 13]. Pendant ces quatre minutes, environ 1 000 impacts sont dénombrés dans la zone ciblée. Lors de cette opération, un groupe de huit B-17 confond les casernes d'Etterbeek et le champ des manœuvres voisin avec les installations de Haren-Evere et larguent, en une fois, entre 120 et 130 bombes sur Ixelles. Cette méprise détruit ou endommage une superficie de 16 hectares à 8 h 49[note 13], tuant 282 civils, blessant gravement 216 autres, détruisant 188 habitations et endommageant plus ou moins sévèrement 1 210 autres. Bombardements de la gare de Schaerbeek
Le prolongement de tous ces bombardements est que, lorsque les réparations d'une maison est envisageable, la délivrance de nouveaux matériaux n'est possible que si une quantité de mitraille équivalente à la quantité de matériaux demandé est remise anticipativement. Beaucoup d'immeubles restent ainsi non reconstruits jusqu'à la mise en œuvre du plan Marshall en 1953[Guyaux 3]. En 1944, la base aérienne est occupée par la RAF qui répare aussi la piste de la nouvelle base de Melsbroek. 1945 à aujourd’huiAu lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Haren-Evere, en tant qu'aéroport, est abandonné par l'aviation militaire et par l'aviation civile au profit de Melsbroek qui est, grâce à sa piste en dur longue de 820 mètres, capable d'accueillir les nouveaux Douglas DC-3 et Douglas DC-4 de la SABENA et les Dakota de l'Aviation militaire belge. Si Evere est surtout resté un village de maraîchers jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, dès la fin de celle-ci, à la suite de l'explosion de la démographie et de la raréfaction des habitations ou des terrains à bâtir libres dans la région bruxelloise, le visage de la commune se métamorphose avec la construction de logements sociaux selon le concept des cités-jardins comme, en 1948, la cité Germinal, en 1954, la cité Ieder zijn huis ou encore, en 1964, le quartier Astrid. Quelques dates :
Évolution de la démographie et de l'agriculture
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Notes et référencesNotes
Références
Voir aussiBibliographie: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
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