Peu après l'ouverture de la ligne, Joseph Morlent[a] prend le train au Havre et décrit son parcours[7] :
« Nous voici à la première station, ou mieux au premier relai ; car avant de pénétrer dans la vallée de Saint-Laurent, qui s'ouvre devant nous, un supplément de force tractive nous est nécessaire. Aussi une locomotive de renfort est-elle sellée et bridée, et prête à recevoir son postillon. C'est que nous avons à franchir une pente de huit millimètres, la plus exceptionnelle de toutes les pentes autorisées, et dont nous n'atteindrons le sommet que sur le plateau de Saint-Romain.
La faible distance qui sépare le débarcadère du Havre de la première station d'Harfleur a cela de remarquable, a-t-on dit, qu'indépendamment des sites pittoresques que traverse le chemin, il offre sur un très petit espace un spécimen complet et détaillé des divers travaux d'art auxquels donne lieu l'établissement d'un railway. En partant du Havre, il parcourt successivement un long remblai, deux courbes très prononcées, franchit un tunnel, s'enfonce dans une profonde tranchée et passe sur deux viaducs pour arriver à la pente que gravissent en ce moment avec une si fringante prestesse, nos deux locomotives.
La station d'Harfleur est marquée par un groupe de constructions d'un effet pittoresque quoique les détails n'en soient pas d'un goût parfaitement irréprochable. »
— Joseph Morlent, Le chemin de fer du Havre à Rouen et à Paris Promenade pittoresque et anecdotique[7].
Gare d'Harfleur
Vue d'ensemble vers 1900.
Desserte en 1967.
À la fin du XXe siècle, la gare perd son guichet et le bâtiment voyageurs est fermé et désaffecté. Elle devient une simple halte voyageurs avec deux quais à accès libre. En 2015, la SNCF estime la fréquentation annuelle à 8 227 voyageurs[8].
Service des voyageurs
Accueil
Halte voyageurs SNCF, c'est un point d'arrêt non géré (PANG) à accès libre[9]. Un souterrain permet la traversée des voies et le passage d'un quai à l'autre.
Le stationnement des véhicules est possible à proximité.
Elle est desservie par des bus urbains de la société Transdev Le Havre (lignes 13, 14 et 15) et par des cars de la ligne départementale 23[9].
Patrimoine ferroviaire
L'ancien bâtiment voyageurs, qui n'est plus utilisé pour le service des voyageurs, est celui d'origine construit pour l'ouverture de la ligne sur les plans de l'architecte anglais William Tite[4].
Notes et références
Notes
↑Joseph Morlent (1793-1861) est un havrais, originaire de Beaune (Côte-d'Or), qui a exercé les métiers d'imprimeur et d'éditeur avant d'entrer à la bibliothèque du Havre, comme bibliothécaire adjoint en 1846. Il deviendra conservateur en chef et archiviste de la ville. Il meurt au Havre[6].
Références
↑Reinhard Douté, Les 400 profils de lignes voyageurs du réseau français : lignes 001 à 600, vol. 1, Paris, La Vie du Rail, , 239 p. (ISBN978-2-918758-34-1), « [340/3] Rouen - Le Havre », p. 132.
↑« De Rouen au Havre », dans Journal du génie civil, des sciences et des arts, Volume 15, A. Corréard., 1847, p. 408 (consulté le 28 avril 2014)
↑François Palau et Maguy Palau, Le rail en France : Les 80 premières lignes 1828-1851, Palau, , 217 p. (ISBN2-9509421-0-5), « 3.16 Rouen-Le Havre et jonction Rouen Sotteville », p. 143.
↑en Dictionary, « Tite, William », dans A dictionary of contemporary biography, Richard Griffin and Company, London and Glasgow, 1861, p. 374 (consulté le 28 avril 2014)
↑ a et bJoseph Morlent (ill. A. Couveley), Le chemin de fer du Havre à Rouen et à Paris : Promenade pittoresque et anecdotique, Le Havre, Imrimerie Alh. Lemale, , 137 p. (BNF30982807, lire en ligne), « Première station : Harfleur », p. 24-30.
↑SNCF Open Data, estimation de la fréquentation des gares en 2015.